xX-- Prologue --Xx

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« Les lamentations des vivants sont un chant pour les morts »

POV Gabriel :

Les cris retentissent depuis plusieurs heures maintenant mais je sens que la fin est proche, les frères vont naître. Cet accouchement me rappelle quelque peu celui de l'enfant Jesus et, une fois encore, je me retrouve à veiller sur les enfants à venir. Bien entendu, mon rôle n'est pas de veiller sur tous les enfants qui naissent partout dans le monde, mais de faire en sorte que les bambins qui ont une destinée spéciale viennent bien au monde. Cela faisait 1989 longues années que je n'avais pas assisté à un accouchement et je me rends compte que cela ne m'a pas vraiment manqué car, au-delà de la joie d'assister à la venue au monde d'un nouvel être humain, la douleur éprouvée par la mère m'est insupportable. Je regarde cette allemande blonde dont le visage aux traits habituellement si doux est déformé par la douleur et couvert de sueur. Courage chère Simone, ils arrivent des amours, ils sont là, je vois la tête du premier. Les médecins s'affairent autour de la future maman tandis que les forces de cette dernière s'épuisent. Un premier enfant est extirpé d'elle et, après que le papa lui eût coupé le cordon ombilical, il est nettoyé par les infirmières tandis que la femme pousse de nouveau. Cela fait maintenant dix minutes que la première tête blonde à quitté le corps de sa mère et repose dans les bras de son père. Ses chers parents ont décidé de l'appeler Tom et, je ne sais pas pourquoi, mais ce prénom ne me plaît pas vraiment. Alors que le deuxième enfant est en train de sortir, une personne apparaît à mes côtés dans un nuage noir invisible aux yeux des simples mortels. Ces derniers ne savent d'ailleurs pas que je suis ici et que je les épient depuis dix heures maintenant.

Gabriel : Baphomet...
Baphomet : Ravi de voir que tu ne m'as pas oublié, tu m'as beaucoup manqué tu sais ?
Gabriel : Ce sentiment n'est guère réciproque, prend-le pour dit ! Que viens-tu faire ici ?
Baphomet : Je viens récupérer ce qui appartient à Satan.
Gabriel : Ces enfants reviennent à Dieu, il en est l'unique responsable.
Baphomet : L'unique responsable ? Même si notre royaume s'étend dans les profondeurs de la Terre, nous savons bien en-bas que ton Dieu n'est pas innocent à cette création, il était on ne peut plus présent lorsque ces deux personnes s'accouplaient mais saches qu'il n'était pas le seul : Satan est passé après lui et il est à l'origine du deuxième enfant créé.
Gabriel : Mensonges !
Baphomet : Vérité mon cher ami. Vois-tu, si l'on suit le code universel, l'un de ses enfants doit revenir au peuple souterrain et nous avons choisi de prendre l'aîné.
Gabriel : Pourquoi lui ?
Baphomet : Tom... Cela fait des semaines que les jeunes parents ont décidé du nom de leurs fils et tu n'es pas sans savoir que Tom est un nom très apprécié chez nous. Quant à Bill, ce deuxième enfant qui vient de naître, il nous est impossible d'accueillir comme il se doit une personne dont le prénom veut dire ' protecteur '.

Je pose mon regard divin sur ces deux nourissons qui dorment sagement dans les bras de leur mère épuisée mais heureuse. Savent-ils ô combien est grande la destinée qui les attend ? Se doutent-ils un seul instant de ce qu'ils devront accomplir ? Non la réponse est évidente, ils ne se doutent de rien et c'est cette ignorance qui les rend si dangereux. Je détourne les yeux de cette allégorie du bonheur et les pose sur le regard écarlate de mon interlocuteur.

Gabriel : Le code universel ne s'applique pas aux jumeaux.
Baphomet : Erreur mon cher, revois tes classiques !

Le démon ouvre ses bras et ces derniers accueillent un énorme volume à la reliure de cuir noir et dont le titre est écrit en fines lettres rouges : la version infernale du code universel. Dans une attitude insolente, le premier archange des Enfers tourne les pages jusqu'à trouver celle qu'il cherchait.

Baphomet : Article 483 du code universel au sujet des naissances provoquées « Lorsque une naissance est le fruit d'une union divine et démoniaque, faisant naître deux enfants, les responsables ou leurs représentants sont en droit d'obtenir que l'un d'entre eux reviennent à chacun des camps sauf si les enfants sont des jumeaux, alors ils appartiennent au premier créateur. »
Gabriel : J'avais raison.
Baphomet : Ne sois pas si pressé ! Je poursuis donc : « ... sauf si les enfants sont des jumeaux, alors ils appartiennent au premier créateur. Cependant, si l'un des jumeaux venus au monde porte l'un des quatre-vingt prénoms démoniaques, il revient aux Enfers. » Tom est à moi !
Gabriel : Soit, je te laisse le sacrer mais il lui appartiendra toujours de décider si oui ou non il vous rejoindra. Crois-tu vraiment qu'il serait prêt à quitter son frère pour l'éternité ?
Baphomet : C'est son destin !
Gabriel : Tu devrais avoir plus confiance en la nature humaine et en sa bonté !
Baphomet : Cette même nature humaine qui a mis en croix le fils de ton Dieu ? Sans façon, je préfère mille fois la tourmenter.

Je regarde une nouvelle fois ces nouveaux parents : la mère s'est endormie et le père borde les deux nouveaux-nés tandis que ces derniers somnolent. Je m'avance au milieu de cette pièce aux murs blancs et me positionne à la droite de l'homme, à côté de Bill. Baphomet m'imite et vient se placer à sa gauche, à côté de Tom. Je tends ma main droite et prononce les sacrements divins, ceux qui protègeront du Mal cet enfant jusqu'à ses dix-huit ans. De son côté, le démon murmure d'autres sacrements destinés non pas à protéger Tom mais à réveiller sa nature démoniaque une fois qu'il sera âgé de dix-huit ans. Une fois mon travail achevé, je regarde une dernière fois ce petit ange dormir sagement dans les bras de son paternel, ce même ange destiné à devenir le maître des archanges et le protecteur de la Terre. Après tout, Bill ne signifie-t-il pas protecteur ?

Gabriel : Ôte-moi d'un doute, ce ne serait pas toi, par hasard, qui aurait soufflé le prénom de Tom à l'oreille de ses parents pour être sûr qu'au moins l'un d'entre eux soit appelé ainsi ?
Baphomet : J'ai fait la même chose que toi avec le prénom de Bill.

Dans mes moments de songes, je me dis que je ne suis pas si différent de cet archange démoniaque en fin de compte, que nous sommes semblables mais que notre différence a été créée par notre allégeance à des camps si opposés. Cela fait des millénaires que Baphomet et moi sommes ennemis jurés et pourtant voilà que je lui parle aussi calmement que s'il avait été Saint Pierre. Et voilà qu'aujourd'hui je m'unis à lui dans la réalisation du destin des jumeaux de l'apocalypse. Cette prophétie ne doit pas se réaliser et je suis prêt à tout pour cela, mais je dois avouer que le fait que l'un d'entre eux appartienne désormais aux Enfers me pose un énorme problème. Tant pis, laissons le temps agir et leurs personnalités se former, nous verrons bien si ce Tom est vraiment mauvais dans le fond et, s'il l'est, je nous débarrasserais de ce fléau...

Baphomet : Que ce passe-t-il mon cher rival, aurais-tu des pensées assassines à l'égard de ce petit ange ?
Gabriel : N'appelle pas ange une créature démoniaque !
Baphomet : Ne disais-tu pas que tu ne le croyais pas prêt à quitter son frère, donc à nous rejoindre ? Tu changes bien vite d'avis.
Gabriel : Il ne sera ange que lorsqu'il nous aura rejoint.
Baphomet : Et il sera le maître des archanges démoniaque s'il nous rejoint, ce qu'il fera.
Gabriel : Il est inconcevable que ces deux frères acceptent de s'entretuer.
Baphomet : Qui te dit qu'il sauront qu'ils doivent se tuer ? La ruse et la perfidie, telle est notre devise.
Gabriel : La vérité et l'honnêteté, telle est la notre !
Baphomet : Une fois encore, nous voilà opposés dans cette union... À bientôt Gabriel, il me faut maintenant annoncer la bonne nouvelle à Satan.
Gabriel : Au plaisir de ne jamais te revoir.
Baphomet : Jamais est un laps de temps si court...

Le démon m'adresse un dernier sourire avant de disparaître dans un tournoiement de fumée noire. Je regarde une ultime fois cette petite famille au destin si exceptionnel puis disparaît moi-même dans un tourbillon de fumée blanche.

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Voici le prologue de ma toute nouvelle fic mais ne vous inquiétez pas, je continue toujours ma première fic que vous pouvez d'ailleurs aller lire ICI.
Si j'ai créé cette nouvelle fic c'est parce que j'avais besoin de changer de répertoire, marre de la banalité à la fin !
J'espère qu'elle vous plaira tout autant que la première et qu'elle rencontrera au moins autant de succès, si ce n'est pas plus !
N'hésitez donc pas à donner votre avis ainsi qu'à faire tourner ce blog.
<3 Küsse an Sie <3

xX---{{ Billounette }}---Xx

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Allez parler de ma fic ICI et ICI
Allez noter ma fic ICI et ICI


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# Posté le jeudi 10 avril 2008 11:53
Modifié le vendredi 20 juin 2008 17:01

xX-- Chapitre Un --Xx

 xX-- Chapitre Un --Xx
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« La Vérité peut être blessante mais les blessures qu'elle cause sont-elles vraies ? »

POV Bill :

Bill : TOOOOOOOOOOOOOOOM ?!!!!!

Pas de réponse.

Bill : TOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOM !!!!!!!!!

Toujours pas de réponse. Qu'est-ce qu'il peut m'énerver lorsqu'il fait ça, c'est incroyable, et dire qu'il va sur ses dix-huit ans, il n'a pas dix ans d'âge mental ! Cela fait un quart d'heure que je me balade dans Loitsche en l'appelant du plus fort que je peux mais j'ai beau faire, il demeure introuvable. J'arrive à la lisière de la forêt. Je sais qu'il aime cet endroit car depuis que nous sommes en âge de sortir seuls, nous nous y rendons toujours. Je ne sais pas pourquoi mais ce lieu me semble protecteur, bien que la plupart des enfants de ce village en aient une peur bleue. Nous ne sommes que quelques ados à y aller aussi fréquemment mais ce n'est pas plus mal en fin de compte, cela nous donne l'impression d'en être les seuls maîtres, comme si tous ces arbres centenaires n'appartenaient qu'à nous et formaient notre royaume. Je m'enfonce sur un petit sentier obscur, la lumière du jour ne filtrant pas à travers les feuillages touffus des hauts arbres qui le bordent. Mes pas suivent une espèce de mécanisme, comme s'ils savaient où il fallait m'amener. Bien-sûr, je connais déjà la destination, j'y suis allé tant de fois avec lui. D'ailleurs je ne tarde pas à y arriver et le vois immédiatement. Il est assis en indien devant l'arbre centenaire qui nous a tant servi de terrain de jeu. On ne sait pas vraiment quel âge il a, personne n'a été capable de nous le dire, mais nous pensons que ce vieux chêne doit avoir bien plus de deux-cent ans. Il ne se retourne même pas lorsque mes santiags frottant sur les feuilles mortes font du bruit, je crois qu'il ne les entend pas. Je m'approche tout doucement de lui et m'assieds à ses côtés. Je l'aime mon jumeau, et je sais quand il va mal et là je peux vous certifier que c'est le cas.

Bill : Tom.
Tom : Hmm ?
Bill : Ça fait un quart d'heure que je te cherche, papa ne peux pas nous prendre ce week-end, il part en voyage d'affaires à Tokyo.
Tom : Il a toujours une bonne excuse pour ne pas nous prendre de toute façon, je crois que je m'y suis habitué à force.

Je sais au fond de moi que Tom a raison mais je refuse de le reconnaître. Lorsque nous avions six ans, nos parents ont décidé de divorcer. Notre père est resté vivre à Leipzig tandis que maman et nous partions nous installer à Magdeburg. Nous avons passé six mois dans un appartement puis maman nous a présenté son nouveau chéri, Gordon Trümper, et nous a dit qu'ils allaient se marier. Au départ, nous étions très distants avec lui, peut-être parce que nous croyions que notre mère l'aimait plus que nous ou qu'il allait chercher à prendre la place de notre vrai père. Mais, finalement, nous nous sommes rendus compte qu'il était quelqu'un de très attentionné et qu'en aucun cas il ne voulait prendre la place de notre père, il voulait juste devenir notre deuxième père. Nous sommes alors partis nous installer à Loitsche et c'est à partir de ce moment que notre père nous a de moins en moins fait venir chez lui. Même si nous le voyons de moins en moins, il est tout de même notre père et cela me fait toujours très mal lorsque Tom en dit du mal.

Bill : C'est son travail qui veut ça Tom, moi je suis sûr qu'il aurait adoré que nous venions le voir, il le dit toujours lorsqu'il nous appelle.
Tom : Arrête de lui trouver des excuses Bill et ouvre les yeux ! Tu ne vois pas qu'il n'en a plus rien à faire de nous ? Il ne paie même plus la pension alimentaire, il nous appelle une fois tous les trente-six du mois et oublie toujours nos anniversaires. Tu crois que c'est son travail qui lui interdit de se rappeler qu'il a des fils ?
Bill : C'est pas ce que je voulais dire, mais tu ne dois pas oublier qu'il est notre père et que, comme tout le monde, il a ses petits défauts.
Tom : Arrête Bill, tu m'énerves !

Je ne réponds pas, je sais que c'est peine perdue et qu'il ne vaut mieux pas l'énerver quand il est dans cet état. Je suis pourtant persuadé que notre père nous aime toujours. Après tout, tous les pères aiment leurs fils non ? J'ai mal au c½ur lorsque je me dis que Tom pourrait avoir raison et je me persuade qu'il a tort. Pitié, faites qu'il ait tort !

Bill : Qu'est-ce qui ne va pas ?
Tom : Rien, tout va très bien, je lui le plus heureux des hommes !
Bill : Arrête un peu toi aussi, je le sens quand tu vas mal, t'as oublié ?
Tom : Bon, ok, tu veux que je te le dise ? Soit, mais ne viens pas te plaindre après !

Il se lève et se poste devant moi. Il me parle d'une voix assez forte et ses bras accompagnent ses propos. Il fait peur.

Tom : J'en ai marre Bill, marre que tu prennes toujours sa défense. Il n'en a rien à faire de nous, merde, mets-toi bien ça dans la tête ! T'en as pas marre de protéger quelqu'un qui est incapable de se souvenir de ta date de naissance, quelqu'un qui ne se souvient même pas que tu existes ? Arrête un peu de croire que tout le monde il est beau et que tout le monde il est gentil, redescends un peu de ta planète bon sang ! Des fois je me demande même si t'es capable de dire des jurons, t'es jamais méchant avec qui que ce soit et tu te laisses marcher dessus comme si c'était normal. J'en ai marre de devoir jouer le rôle du père avec toi, t'es incapable de te défendre ! T'as pas encore vue que la vie n'était pas rose ?
Bill : Je... Tu... Arrête...
Tom : Non je n'arrêterai pas, tu as voulu savoir alors tu sauras ! Il est grand temps que tu grandisses un peu et que tu sortes de ton monde pour vivre la réalité des choses !

Il se tait... Enfin ! Les larmes me montent aux yeux et j'essaie de les empêcher de couler mais c'est en vain, elles finissent donc par couler le long de mes joues, ce qui semble agacer mon frère.

Tom : Tu vois ? Qu'est-ce que je disais ? T'es incapable de te défendre et tu te laisses même rabaisser sans rien dire. Tu pleures comme un vulgaire gamin.

Je ne réponds pas, j'ai bien trop mal pour ça. Depuis toujours, mon physique et mon look androgyne m'ont valu d'être la risée de tous. Le seul soutien que j'avais provenait de Tom et de mes amis, celui de Tom étant celui qui comptait le plus pour moi. Qu'il me dise ces choses était plus blessant qu'un coup de poignard en plein c½ur. Sans le regarder, je me relève et traîne les pieds dans ces tas de feuilles qui jonchent le sol, les yeux rivés sur ce sol terreux. Je veux rentrer chez moi et m'enfermer pour toujours dans ma chambre.

Tom : Bill...

Pas de réponse.

Tom : Bill !

Toujours pas de réponse. Il n'avait pas le droit de me parler comme ça. Alors que j'étais en train de presser le pas, une main me retient et je me retrouve à sangloter sur le torse de mon jumeau. Ses mains caressent ma chevelure noire et blanche et ses lèvres me chuchotent de me calmer.

Tom : Bill pardonne-moi, je ne voulais pas dire ça, j'étais énervé et j'ai dit n'importe quoi. Si tu savais comme j'ai honte de moi, j'ai fait du mal à la seule personne qui compte réellement pour moi. Je suis tellement désolé, je t'aime comme tu es et je m'en fiche de devoir te défendre, je suis même très fier de le faire. Je t'aime petit frère, je t'aime petit ange. Tu es la seule personne qui soit bonne dans ce monde et ne change pas !
Bill : Moi aussi je t'aime grand frère.

POV Tom :

Je serre mon petit ange dans mes bras et tente de le rassurer, je m'en veux tellement de lui avoir dit ces méchantes choses, lui qui ne veut de mal à personne. J'apprécie au fond de devoir le protéger car cela me donne l'impression que je lui suis utile et au moins je suis sûr que personne ne l'embête. Je l'ai toujours dans mes bras lorsque je sens mon portable vibrer. Je me décolle un peu de lui et sort l'appareil de ma poche : maman. Je décroche.

Simone : Allô, Tom ?
Tom : Oui.
Simone : Vous comptez rentrer un jour ?
Tom : Oui, on arrive là, on est sur la route, pourquoi ?
Simone : Parce qu'il est un peu vingt heures passées et que je suis en train de m'inquiéter pour vous, je me demandais si vous n'aviez pas été kidnappés ou un truc dans le genre.
Tom : C'est certainement pas dans ce village paumé qu'on va nous kidnapper...
Simone : On ne sait jamais. En attendant, vous vous dépêchez d'arriver !
Tom : Oui maman, à tout de suite !

Je raccroche et fais comprendre à Bill qu'il est temps pour nous de rentrer à la maison. Je n'ai même pas besoin de parler, lui et moi nous comprenons parfaitement sans avoir à prononcer la moindre parole. C'est ça être jumeau : être toujours lié l'un à l'autre. C'est magique, unique, merveilleux. Nous nous mettons en marche mais ne pressons pas vraiment le pas, nous ne sommes pas très pressés de rentrer. Nous savons déjà comment va se dérouler la soirée : maman et Gordon vont passer leur temps à critiquer papa et à dire qu'il est un père indigne. Je partage totalement leur avis mais pas Bill et je sais que chacune de leurs paroles contre le paternel lui fait du mal. Nous sommes sortis de la forêt et nous dirigeons maintenant vers la sortie du village, le quartier chic de ce bon vieux Loitsche. Un silence pesant règne entre nous et je cherche quelque chose pour le briser mais ne trouve pas... Comme si Bill avait lu dans mes pensées, il prend la parole.

Bill : Dis, demain nous sommes bien samedi ?
Tom : Oui, dernier samedi des vacances... Quand je pense que lundi il faut retourner en cours pour cette dernière année de lycée.
Bill : Oui mais ce sera aussi notre anniversaire !
Tom : C'est juste. Dix-huit ans... On commence vraiment à se faire vieux !
Bill : Oui. Vu que demain on est samedi, ça te dirait pas d'aller voir Andy, Georg et Gustav à Magdeburg ?
Tom : Mouais... Faut d'abord voir si maman est d'accord.
Bill : Je ne vois pas de raison pour qu'elle dise non... T'as rangé ta chambre ?
Tom : Euh...
Bill : T'as intérêt à le faire si tu veux qu'elle accepte !
Tom : Je te promets de le faire dès que nous serons rentrés, ça te va ?
Bill : Mouais.

Je dois reconnaître que je suis un gros bordélique et que, à ce niveau là, Bill est bien meilleur que moi. Ce gars est une véritable petite fée du logis, sa chambre est toujours nickel propre et super bien rangée, tandis que la mienne... Ne parlons pas des choses qui fâchent ! Ma mère me répète souvent de prendre exemple sur lui mais ce qu'elle ne sait pas c'est que son plus jeune fils est un maniaque doublé d'un perfectionniste, ce qui explique l'état de sa chambre. Croit-elle vraiment que ma grotte peut ressembler à la sienne ? Nous sommes enfin arrivés à destination et rentrons dans la splendide maison que nous habitons depuis plusieurs années. Une fois à l'intérieur, maman vient se poster devant nous, les mains sur les hanches, un air colérique sur son beau visage.

Simone : C'est une heure pour rentrer ça peut-être ?
Bill : Maman, c'est pas comme si il était une heure du matin, il n'est que vingt heures trente !
Simone : Il n'est que vingt heures trente ? QUE vingt-heures trente ? Mais de qui te moques-tu mon garçon ? Qui sait ce qui aurait pu vous arriver là dehors ?!
Tom : Tu sais maman, Loitsche est un village tranquille et la moyenne d'âge est de cinquante ans, je ne vois pas pourquoi tu te fais tant de soucis.
Simone : Si je me fais tant de soucis c'est parce que je vous aime et que je ne veux pas qu'ils vous arrivent le moindre mal. Est-ce trop vous demander que de rentrer aux heures convenues ? Dois-je vous enfermer dans vos chambres pour que vous compreniez que l'obéissance est une chose primordiale ?
Bill : On est désolés maman, on ne le fera jamais plus, c'est promis.
Simone : J'espère bien pour vous ! Allez vous laver les mains maintenant, on passe à table !

Je suis Bill qui gravit une à une les marches de notre escalier. Nous entrons dans la salle de bain et nous dirigeons vers le lavabo. Je fais couler l'eau tandis que Bill se savonne les mains. Une fois qu'il a fini avec le savon, il me le passe et nos mains se frôlent. C'est alors que mon corps tout entier est prit d'un frisson et je reste les yeux rivés sur lui. Bien-sûr il ne le voit pas, il ne le voit jamais. Ce n'est pas la première fois que je me retrouve à l'admirer : je le trouve tellement parfait, encore plus beau que les anges. Ça y est, il tourne la tête vers moi et ses yeux semblent me dire " qu'est-ce qu'il y a ? ". Rien Bill, il n'y a rien... Je reporte mon entière attention sur mes mains que je lave avec un soin exagéré. Lui se les ait essuyées depuis longtemps mais n'a pourtant pas quitté les lieux, je crois qu'il m'attend.

Simone : Vous en avez encore pour longtemps ?

Vraiment pas patiente celle-là ! Je finis de me laver les mains et nous descendons. Le diner se passe le plus calmement du monde mais ni Bill ni moi n'osons aborder notre projet du lendemain. Dans le fond, je me dis que je pourrai toujours le demander demain matin. Gordon parle de ses affaires mais mon frère et moi ne l'écoutons pas, il n'y a que maman qui est pendue à ses lèvres. Finalement, une fois le repas terminé, Bill et moi nous rendons dans la cuisine pour faire la vaisselle ; Bill lave et moi j'essuie. Tandis que nous faisons notre besogne, il me parle, mais je ne l'écoute pas vraiment, je suis bien trop absorbé à repenser à ce qui s'est passé dans la salle de bain.

Bill : Toooooom !
Tom : Hein ?! Quoi ?!
Bill : T'es bizarre, depuis tout à l'heure je te parle et je me prends des vents royaux. Tu penses à quoi ?
Tom : À un tas de trucs.
Bill : Mais encore ?
Tom : Laisse tomber, c'est pas important... Tu disais quoi ?
Bill : Je disais que je crois que c'est mort pour demain, maman ne voudra jamais nous laisser aller à Magdeburg avec cette histoire de retard bidon. Tu trouves pas qu'elle s'inquiète un peu trop ?
Tom : Mais carrément ! Ça lui passera bien un jour, quand elle comprendre que nous sommes en âge de nous défendre et que les gens vont certainement pas kidnapper un chieur comme toi.
Bill : Ha ha ha ( rire forcé ).
Tom : Mais je plaisante Macky, tu le sais bien !
Bill : C'est ça Tomi, c'est ça... Je me vengerai !
Tom : Serait-ce une menace ?
Bill : Whouah, il aurait donc un cerveau...

Pour toute réponse je lui jette ma serviette humide à la tête et nous éclatons de rire. Finalement, nous terminons cette maudite vaisselle et montons dans sa chambre. On va toujours dans sa chambre, peut-être parce que le mienne n'est jamais rangée et que môsieur Bill est maniaque... Je m'installe sur son lit pendant que lui se met à son ordi dernier cri, une petite folie de cinq mille euros que Gordon nous a offert pour notre passage en terminale, n'est-il pas gentil ? Il ne s'intéresse même plus à moi, bien trop occupé à parler sur msn avec une de ses amies. Je porte mon attention sur la pile de magasines de mode qui se trouve sur sa table de chevet. C'est clair, mon frère est un mordu de fringues, il lui arrive d'ailleurs d'être modèle pour quelques magasines assez rocks. Je prends le premier que je vois " Dann wird alles Rock " ( tout sera rock ) et le parcours vaguement. Arrivé en page du milieu, je vois un article dédié aux modèles qui font fureur et qui sont promis à un grand avenir dans cette profession : Bill est le favori !!! Normal en même temps, il est parfait mon frère !

Tom : Hey Macky, tu es dans ce magasine !
Bill : Oui, dans les autres aussi...

Il m'a répondu le plus simplement du monde, sans même détacher ses yeux de son écran plat LG vingt-deux pouces. J'ai comme l'impression qu'il s'en fiche un peu, que c'est devenu normal pour lui. Moi je donnerais n'importe quoi pour être à sa place ! Il m'est déjà arrivé de poser pour un ou deux magasines de rap ou de hip hop mais ça n'a pas atteint des sommets comme Bill. Je repose le magasine sur sa pile et vient m'appuyer sur la bureau, à côté de Bill.

Tom : Tu parles à qui ?
Bill : À une fille que j'ai rencontrée sur un forum de musique le mois dernier, elle est française mais qu'est-ce qu'elle peut assurer en allemand ! Je crois que c'est parce que ses grands-parents sont allemands.
Tom : Et vous parlez de quoi ?
Bill : Bah là elle me dit qu'elle va passer le week-end en Allemagne avec des amies, histoire de prendre du bon temps avant la rentrée scolaire. Tu crois que je peux lui proposer de venir chez nous ?
Tom : Bill, on a cinq chambres d'amis et tout autant de salles de bain, je pense qu'on aura de la place. Si elles viennent c'est à combien ?
Bill : Attends, je lui demande.

Ses doigts agiles tapent sur le clavier à une vitesse fulgurante et le pire c'est qu'il ne fait même pas une seule faute d'orthographe. Quelques secondes plus tard, une réponse apparait sur l'écran.

Bill : À quatre ! Il y aurait elle, sa meilleure amie, sa twin de coeur et une amie d'enfance. Tu crois que maman voudrait ? Je ne lui ai pas encore fait la proposition, je préfère avoir la réponse de maman avant...
Tom : Bah t'as qu'à aller le lui demander, moi pendant ce temps là je lui tiens le crachoir à ta française.
Bill : T'as pas intérêt à la draguer !
Tom : Hum...

Il quitte le bureau, me donne une gifle que j'esquive de justesse puis sourit avant de quitter la pièce. Woah, même de derrière il est parfait mon jumeau... Mais qu'est-ce que je raconte moi ? Je prends la place que mon frère occupait auparavant et me présente à la demoiselle.

Macky dit :
Salut ! C'est pas Bill mais son jumeau, il est parti faire un truc.

Schwarz Engel dit :
Ok, ravie de faire ta connaissance !

Macky dit :
C'est vrai que tu parles bien allemand, bravo !

Schwarz Engel dit :
Merci ;) C'est quoi ton nom à toi ?

Macky dit :
Tom, et toi ?

Schwarz Engel dit :
Bélinda.

Macky dit :
Ça sonne pas trop français :s

Schwarz Engel dit :
Ouais je sais, à la base c'est celte mais on s'en foue XD.

Macky dit :
Mais non qu'on ne s'en foue pas, lol. Alors comme ça tu vas venir en Allemagne ?

Schwarz Engel dit :
Oui, on veut se taper des bons délires avec les filles, histoire de bien terminer les vacances. Et puis, ça me fera une occasion de voir Bill ailleurs que sur des photos ;).

Je rêve ou elle a le béguin pour Bill, pour MON Bill ? Bon, je veux bien être gentil et galant avec les filles mais il faut pas non plus qu'elles abusent de ma gentillesse ! Je crois que j'ai un problème, pire, je crois que je suis amoureux de mon frère. C'est impossible, ça ne peut pas être ! J'ai toujours vécu avec lui, je l'ai toujours protégé de la méchanceté des autres, il est mon frère bon sang ! Et puis ce serait de l'inceste, non, du twinceste et dans une famille aussi catholique que la mienne, je ne pense pas que ça soit une bonne idée. Sans compter que si je commets un inceste avec mon frère, je deviendrais homo, ce qui veux dire que nous finirions tous les deux avec nos valises dans la rue. Non, je crois que je me trompe, je dois me tromper ! Je prends mon courage à deux mains, je veux avoir la certitude que cette jeune fille s'intéresse à Bill.

Macky dit :
Tu as un petit copain ?

Schwarz Engel dit :
Pourquoi cette question ?

Macky dit :
Réponds-y s'il te plait.

Schwarz Engel dit :
Non, je n'en ai plus.

Cette fois ça y est, je suis sûr qu'elle va essayer de se le taper lorsqu'elle sera là. Elle n'a pas intérêt sinon je le ré-expédie direct en France ! C'est ce moment que choisit Bill pour réapparaître dans la pièce, un sourire triomphant sur les lèves. Vite, je ferme l'onglet de conversation, je ne veux pas qu'il voie la dernière question. Rien qu'à son air je peux deviner que maman a dit oui et que les jeunes filles vont venir à la maison.

Tom : Je suppose que la réponse est oui ?
Bill : Exactement, maman a dit que ça ne lui posait aucun problème du moment qu'elles n'étaient pas satanistes, quelle idée tout de même !
Tom : Je te laisse le lui annoncer, moi je vais me coucher, j'ai un gros coup de barre.
Bill : Bonne nuit Tomi.
Tom : Bonne nuit Macky.

Comme chaque soir, je lui dépose un baiser sur le front mais mes yeux ne peuvent se détacher de ses lèvres rosées. De peut de ne pourvoir me contenir encore longtemps, je préfère quitter sa chambre dans le plus grand silence. Je crie un bref " bonne nuit " à mes parents qui sont installés devant la télé et je rentre dans ma propre chambre. Je n'allume pas la lumière, me mets en boxer et me jette sur mon lit deux places. En général je me douche avant d'aller me coucher mais là j'ai trop la flemme. Mes paupières se font de plus en plus lourdes et je ne tarde pas à débarquer au royaume de Morphée...

Des cris, des pleurs, du sang...
Le ciel est empli de volatiles noirs : des corbeaux...
D'étranges créatures se battent les unes contre les autres mais lui n'y prête pas attention, il le cherche...
Il tue quiconque se trouve entre lui et sa proie...
Il le voit enfin et s'approche de lui...
Leurs yeux se rencontrent et se remplissent de larmes...
Le combat final peut commencer.

Je me réveille en sursaut, le souffle saccadé et le corps couvert de sueur. Je regarde mon réveil numérique : trois heures. Maman dit que c'est l'heure des démons, moi je dis que c'est encore trop tôt pour se lever. Je repose ma tête dans mes oreillers mais ne retrouve pas le sommeil. Ce rêve semblait si réel, c'était comme si j'y était, comme si je voyait véritablement ces ' choses ' se faire massacrer. Et ces yeux, ces yeux qui étaient si semblables aux miens, un regard si pur et si triste. J'avais même ressenti la tristesse de l'autre personne, celle en qui je me trouvais. Je n'avais jamais fait de tel rêve et il j'espère bien ne plus jamais en refaire. Mes paupières sont à nouveau lourdes et je m'apprête à me rendormir lorsqu'un bruit se fait entendre : quelque chose a claqué contre la vitre de ma fenêtre. Je me redresse et regarde cette fenêtre, il n'y a pourtant rien qui frotte dessus, pas même une branche d'arbre. Je me lève et me dirige lentement vers la fenêtre que j'ouvre. L'air froid du dehors me fait frissonner et je regarde les arbres déformés par le vent qui semble maître de cette nuit. Personne, il n'y a rien ni personne mais j'ai pourtant l'impression que quelqu'un m'observe. Je m'apprête à refermer cette fenêtre et à retourner vers mon lit lorsque des cris en provenance de la chambre voisine se font entendre. Bill !!! Ni une, ni deux, je me précipite dans le couloir et entre en furie dans la chambre ordonnée de mon frère.

Bill : Tom...

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Et voilà pour ce premier chapitre. Il est long, certes, mais il faudra vous y faire car je ne suis pas une grande fan des petits chapitres, de plus j'aime bien détailler comme ça c'est moins difficile pour vous d'entrer dans l'histoire.
Merci aux quelques personnes qui m'ont laissé des commentaires, j'espère que vous serez bientôt aussi nombreuses que sur ma première fic.
J'espère que ça vous plait, n'hésitez pas à donner votre avis.
<3 Küsse an Sie <3

xX---{{ Billounette }}---Xx

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# Posté le vendredi 11 avril 2008 06:21
Modifié le jeudi 08 mai 2008 09:25

xX-- Chapitre Deux --Xx

 xX-- Chapitre Deux --Xx
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« De la haine à l'amour, il n'y a qu'un pas »

PREMIÈRE PARTIE

POV Tom :

Bill : Tom...

Il est assis sur son lit et me regarde, à la fois surpris et terrifié. Je referme la porte de sa chambre, allume sa lampe de chevet et m'assieds à ses côtés, dans le lit.

Bill : Tom !

À peine a-t-il prononcé mon prénom qu'il se jette dans mes bras. Je crois qu'il a fait un cauchemar, il réagit toujours comme ça lorsqu'il en fait un. En général, quand l'un de nous fait un mauvais rêve, l'autre le ressent et fait le même. Peut-être a-t-il fait le même rêve cauchemardesque que moi ? Je n'ose pas le lui demander, je ne veux pas le forcer à repenser à ce qui l'a fait hurler. Nos parents n'ont rien entendu, bien-sûr, puisqu'ils dorment à l'autre bout de la maison. Je caresse les cheveux de mon petit ange et lui murmure des paroles réconfortantes. Je veux lui faire comprendre que je suis là pour lui, que ce que je crois qu'il a vu n'est pas réel et que même si ça l'était, je l'en protègerais.

Bill : Heureusement que tu es là, je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
Tom : C'est normal Bill, tu ferais la même chose pour moi, je le sais bien...
Bill : Vouiii.

Il avait dit cela de sa petite voix de gamin, celle qu'il prend parfois pour m'attendrir ou me remonter le moral. Je l'aime, maintenant j'en suis sûr. Je le serre contre moi et je sens mon c½ur battre la chamade au toucher de son petit corps fragile. Je n'ai jamais ressenti ça, pas même pour les filles que j'ai toujours considéré avec dédain et dont je me servais pour assouvir mes besoins sexuels. Mais aujourd'hui c'est fini, je m'en fais la promesse, je ne veux vivre que pour une seule personne et cette personne se trouve dans mes bras. Je lui dépose un de mes habituels baisers sur le front mais, une nouvelle fois, c'est de ses lèvres dont j'ai envie. J'en ai marre de devoir m'en tenir aux baisers fraternels, je veux devenir son amant. Je me dégouterais presque à dire de telles choses, je parle de mon frère quand même ! Il lève ses grands yeux noisette sur moi, je crois que je ne vais plus résister bien longtemps !

Bill : T'en as pas marre de moi Tomi ?
Tom : Non Macky, j'en aurai jamais marre de toi, t'es mon frère et je t'aime.

Il me sourit, je suis sûr qu'il prend mon amour pour un amour fraternel. Si seulement il savait... Je ne sais pas si un jour je pourrai le lui dire, je ne sais pas si j'en aurai le courage. Il ne sanglote plus. Je penche ma tête et je peux voir qu'il s'est endormi. Il est encore plus beau lorsqu'il dort, une allégorie de la pureté et de l'innocence. Je m'allonge avec lui et tends ma main pour éteindre la lumière. Une fois dans le noir, je caresse la chevelure de sa tête qui repose sur mon torse. Nous sommes tous les deux uniquement vêtus de boxers et je dois avouer que je me les caille un peu, aussi je tire la couverture sur nos deux corps jumeaux. C'est ainsi que je m'endors et que nous passons la nuit, lui sur moi et moi rêvant de lui.

POV Bill :

Petit à petit, j'ouvre mes yeux sur cette chambre claire dont l'éclairage est rendu insupportable du fait de la clarté des rayons du soleil. Une fois que mes yeux se sont habitués à tant de lumière, je redresse un peu la tête mais une main dans mes cheveux m'en empêche. Je lève les yeux vers son propriétaire et voit que c'est celle de Tom qui dort encore à poings fermés. J'essaie de sortir du lit sans le réveiller mais mon bassin rencontre un truc tout dur. Je soulève un peu la couverture et voit qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de la virilité de Tom qui est assez bien dressée. Il doit encore rêver de toutes ces filles qu'il drague et qui le draguent au lycée et partout où nous allons. Je ne sais pas pourquoi mais je déteste lorsque l'une de ces dindes pose ses mains sur mon frère, ça me brûle dans le ventre et j'éprouve alors comme une envie soudaine de l'étriper. Franchement, je préfèrerais encore qu'il soit en train de rêver de moi plutôt que de l'une de ces filles. Beurk, c'est carrément dégueu ce que je suis en train de me dire, je m'imagine mon propre frère, donc mon propre sang, fantasmer sur moi ! J'essaie de me dégager de cette étreinte protectrice que j'apprécie tant sans pour autant y parvenir et mes yeux se posent sur un Tom qui se réveille. Pas de doute, il n'est vraiment pas matinal celui-là. Je lui sourie gentiment et lui me dépose un tendre baiser sur le front. Je ne sais pas pourquoi mais je suis déçu, lorsque j'ai vu sa tête s'approcher j'ai vraiment cru qu'il allait sceller nos lèvres mais lui se contente d'un vulgaire baiser fraternel ! Serais-je en train de désirer mon frère ? Impossible, après tout je ne suis pas homo.

Tom : Ça va mieux qu'hier soir ?
Bill : Oui, je suis désolé de t'avoir réveillé.
Tom : Mais ne t'en fais pas pour ça, je suis très bien là moi. Bien mieux que dans ma chambre ! Mais dis-moi Bill, pourquoi tu as hurlé comme ça hier ?
Bill : C'est rien, ne t'inquiète pas.
Tom : Ce n'est pas rien qui fait crier mon frère. Je ne vais pas me moquer de toi tu sais ? Je ne suis pas comme ça.
Bill : Oui, je le sais bien, mais ça me gêne d'en parler je... C'est encore tout frais et... Moi-même je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris hier soir.
Tom : Tu as fait un cauchemar ?
Bill : Oui... Pitoyable, n'est-ce pas ?
Tom : Bien-sûr que non ! Moi-même hier je me suis réveillé comme un fou à cause d'un cauchemar, pas beaucoup de temps après toi en plus !
Bill : On a peut-être fait le même rêve, comme lorsqu'on était petits ?
Tom : Mouais... Il était morbide ton rêve ?
Bill : Faible est le mot, crois-moi ! C'était la désolation, il y avait des morts partout et ça criait de tous les côtés !
Tom : On a fait le même rêve alors...
Bill : C'est la première fois que je fais un rêve aussi prenant, je n'ai vraiment pas envie de le refaire !
Tom : Moi non plus Bill, moi non plus.

Des bruits retentissent soudain et semblent venir de la chambre de Tom. Je regarde ce dernier, inquiet, mais lui ne le semble pas. Il me sourit puis se relève. Han non, j'étais bien sur lui moi !

Tom : J'ai oublié de fermer la fenêtre de ma chambre hier soir, j'allais le faire quand tu t'es mis à hurler alors j'ai préféré venir te voir.
Bill : Tu dors avec la fenêtre ouverte alors qu'hier soir il ventait comme c'était pas permis ? T'as pas peur de tomber malade ?
Tom : Tous les moyens sont bons pour ne pas aller au lycée. Elle n'arriverait pas aujourd'hui au fait ta française ?
Bill : Oh si !

Zut, je l'avais complètement oubliée celle-là, comment j'ai pu ? Je me lève en quatrième vitesse et me précipite dans la salle de bain sous le regard surpris de Tom. Ben oui quoi, il faut que je me fasse beau pour les françaises, elles qui sont toujours super jolies ! Moi je suis de ceux qui croient que rien ne peut surpasser la beauté d'une fille française, surtout pas une allemande ! Les allemandes passent vraiment pour des grosses boueuses à côté de la grâce française. Je regarde l'horloge fixée au-dessus du miroir latéral qui se trouve lui-même au-dessus du lavabo : neuf heures. Elles arrivent à onze heures, ça me laisse deux heures pour me préparer, manger et partir en direction de la gare avec maman ou Gordon. Je me fais couler un bon bain, je crois que j'en ai bien besoin, et me déshabille. Lorsque je me glisse dans cette eau chaude, mon corps et parcourut d'un frisson de bien-être. Hum, j'ai vraiment pas envie de la quitter cette baignoire !

Tom : Euh, bill !
Bill : Quoi ?
Tom : T'en as pour combien de temps dans la salle de bain ?
Bill : Pourquoi ?
Tom : Parce que je te rappelle qu'elle est à nous deux et qu'il faut qu'on parte d'ici à onze heures et demi !
Bill : Tom, il n'est que neuf heures !
Tom : C'est pas une raison pour que tu sortes à onze heures non plus !
Bill : Mais non rhoooo !

Rien que pour l'embêter j'ai bien envie de sortir à onze heures moi. Je prends donc tout mon temps dans cette baignoire et ne daigne en sortir qu'à dix heures et demi, soit une heure et demi plus tard. Comme il le fait depuis une demi-heure maintenant, Tom revient une énième fois tambouriner à la porte.

Tom : Bill, si tu ne sors pas maintenant gare à toi !
Bill : Je sors du bain là, maintenant il faut que je me maquille.
Tom : Mais tu le fais exprès ou quoi ?!
Bill : Bah, maintenant que tu en parles, il se pourrait que je traine volontairement, mais ce n'est pas sûr...
Tom : T'es habillé ?
Bill : Ah non, je suis totalement nu alors pour rentrer tu rêves !
Tom : Tu crois vraiment que c'est parce que t'es nu que je ne vais pas rentrer ? Alors là tu rêves mongars, je te rappelle que nous sommes jumeaux donc je vois à peu près à quoi tu ressembles tout nu, c'est pas la peine de jouer ton pudique !
Bill : Je m'en fiche, tu restes dehors quand même !
Tom : Alors dépêche-toi !
Bill : Ben non !
Tom : Ok, c'est ce qu'on va voir !

J'entends ses pas s'éloigner ; dois-je m'en inquiéter ? Je ne sais pas ce qu'il prépare, en revanche je le sais capable de tout pour obtenir ce qu'il veut et ce n'est vraiment pas pour me rassurer. Je l'entends revenir, je suis toujours nu entre la baignoire et le lavabo, incapable d'esquisser le moindre geste, je suis comme paralysé. Des bruits se font entendre en provenance de la serrure, mais qu'est-ce qu'il fabrique ?

Bill : Tom, tu fais quoi ?

Pas de réponse ; bonne ou mauvaise nouvelle. Je m'approche de la porte lorsque les bruits ont cessé et je fais un grand bon en arrière lorsque cette dernière s'ouvre à la volée sur un Tom triomphant.

Tom : Je suis rentré !
Bill : Et moi je suis nu !!!

Je veux prendre la serviette qui se trouve sur le porte-serviettes chauffant mais Tom la prend avant moi et la cache derrière son dos.

Bill : Mais arrête, j'ai froid moi !
Tom : Mais non, il fait super chaud dans cette pièce !
Bill : Rend-moi la serviette !
Tom : Pas envie, ça t'apprendra à me faire attendre.
Bill : Je vais crier...
Tom : C'est ça, essaie un peu pour voir.
Bill : MAMAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !

Une voix retentit du salon, c'est celle de l'appelée.

Simone : QUOI ?
Bill : TOM NE VEUT PAS ME RENDRE MA SERVIETTE !
Simone : PRENDS-EN UNE AUTRE !
Bill : JE PEUX PAS, IL EST DEVANT LA PORTE JE PEUX PAS ALLER DANS MA CHAMBRE !
Simone : TOM, LAISSE TON FRÈRE TRANQUILLE !
Tom : IL NE VEUT PAS SORTIR DE LA SALLE DE BAIN !
Bill : Peut-être que si tu poussais tes fesses fourrées dans leur pantalon XXXXXXXXXXXXL je pourrais passer ! En plus j'ai même pas fini de me préparer !
Tom : Ça t'apprendra à squatter la salle de bain !

J'ai envie de lui foutre la baffe la plus colossale qu'il ne se soit jamais mangée ! Il n'a pas le droit de faire ça, c'est véritablement humiliant pour moi de me retrouver nu face à quelqu'un, surtout face à lui. Je place mes mains devant ma virilité et essaie de passer la porte mais il écarte les bras et m'en empêche. Que veux-t-il à la fin ? Ne comprend-il pas que je commence à me les cailler et que cette position m'est des plus inconfortables ? J'ai envie de le détester pour ce qu'il fait, pire, de le haïr !

Bill : Tom, s'il te plait...
Tom : J'ai quoi en échange ?
Bill : Le droit de te laver tranquillement et la fierté d'avoir fait chier ton frère !
Tom : Hum, très tentant mais... Non !
Bill : MAMAA...

Je commence à crier mais il met sa grande main sur ma bouche. Je veux me reculer pour qu'il l'enlève mais il refuse et je me retrouve bientôt coincé entre le carrelage glacé qui recouvre les murs de la salle de bain et mon frère. Lui je vais le tuer !

POV Tom :

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Au départ je voulais juste le faire sortir de cette maudite pièce mais l'envie de jouer avec lui avait été très tentante et c'était elle qui m'avait poussé à agir de la sorte. Maintenant je me retrouve à le plaquer contre le mur carrelé et je peux voir dans ses yeux qu'il m'en veut et que, s'il le pouvait, il me tuerait. Que faire maintenant ? Je dois passer pour un fou, pire, un chieur.

Tom : Tu peux pas te débrouiller sans maman ?

Il fait non de la tête, c'est vrai que si je garde ma main sur sa bouche il va avoir du mal à parler. Je ne sais pas quoi faire, est-ce que je dois rester comme ça ou bien est-ce que je dois faire comme si de rien n'était et le laisser repartir dans sa chambre ? J'enlève ma main.

Bill : Tom, t'es chiant ! Tu peux pas me laisser tranquille cinq minutes ? Désolé d'avoir été aussi long et bla-bla-bla mais maintenant j'aimerais pouvoir aller me préparer et toi t'es même pas lavé !

Je le regarde, non, je l'admire tellement que je n'ai même pas entendu ce qu'il vient de dire. Il est beau quand même mon frère, pas de toute ; c'est bien le même sang qui coule dans nos veines. Il affiche un air interrogatif ; voit-il que je craque pour lui ? Je m'écarte de lui et lui rends sa serviette, il ne faudrait pas qu'il tombe malade par ma faute. Il la passe autour de sa taille et me lance un regard noir avant de me pousser et de sortir de la salle de bain en claquant la porte, la choc décrochant un cadre qui se fracasse par terre. Je crois que maman ne va pas apprécier. Je me mets dos au mur et me laisse glisser contre ce dernier jusqu'à me retrouver par terre à mon tour. Je ramène mes jambes contre mon torse et les entoure de mes bras, posant mon front contre mes genoux. Que c'est compliqué d'aimer, surtout lorsqu'il s'agit de son frère jumeau et que ce dernier se bat depuis toujours pour prouver qu'il n'est pas homosexuel. Je n'ai jamais éprouvé de tels sentiments pour qui que ce soit, pas même pour l'une des filles que je me tapais si souvent. Je ne sais pas quoi faire, étant donné que cela ne m'est jamais arrivé je me retrouve impuissant face à une telle situation. Je reste quelques minutes dans cette position puis me décide enfin à me relever ; il est temps pour moi de me préparer.

Onze heures et demi. Je suis en bas et nous nous préparons à quitter la maison pour se mettre en route. La gare se trouve à vingt minutes de la maison mais avec toute la circulation du samedi, nous n'y sommes pas avant une bonne demi-heure. Maman veut que nous allions nous installer à l'arrière de la Cadillac pendant qu'elle va chercher ses affaires. Gordon prend lui aussi sa voiture, au moins toutes les françaises auront de la place. Je me retrouve seul avec Bill à l'arrière de la grande voiture. Il ne me regarde même pas, je crois qu'il me fait la tête.


Tom : Tu fais la tête ?

Pas de réponse.

Tom : Tu veux que je m'excuse, c'est ça ?

Si mes amis me voyaient, ils riraient bien de moi. Je suis le gros dur du lycée, le genre de personne qui ne s'excuse jamais et que tout le monde respecte. J'ai cependant l'impression que Bill me sera toujours supérieur humainement parlant et qu'il est bien la seule personne sur Terre qui mérite mes excuses. Il ne me réponds toujours pas, ne m'adresse pas même un regard et part s'installer à l'avant du véhicule.

Tom : Je ne voulais pas t'embêter tu sais ?
Bill : Dommage, c'est ce que tu as fait !
Tom : Mais tu as vu le temps que tu as passé dans la salle de bain ? Tu peux comprendre que je sois énervé, non ?
Bill : Pas à ce point, non !
Tom : Bon, bah désolé alors.
Bill : Pff, tu ne le penses même pas et en plus je n'en ai rien à faire de tes excuses hypocrites, ça ne change rien de ce qui s'est passé.
Tom : Très bien, dans ce cas vas te faire voir !
Bill : C'est ça ouais, toi aussi par la même occasion !

Qu'est-ce qu'il peut m'énerver lorsqu'il fait ça ! Je fais des efforts pour lui mais môsieur ne daigne pas les voir. Il ne veut pas de mes excuses ? Soit, qu'il aille au diable...

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Voici donc pour le chapitre deux, la deuxième partie devrait arriver plus tard.
Merci beaucoup d'être toutes si élogieuses à l'égard de ma fic, cela ne peut que m'aider à écrire =).
<3 Küsse an Sie <3

xX---{{ Billounette }}---Xx

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# Posté le samedi 12 avril 2008 11:03
Modifié le dimanche 27 avril 2008 05:17

xX-- Absence --Xx

xX-- Absence --Xx
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Hallo leute,

J'ai une bien mauvaise nouvelle à annoncer aux lectrices qui s'attendaient à une suite : cette dernière ne pourra être postée qu'à partir d'août car je n'aurai malheureusement pas accès à l'ordi avant ce mois.

Le pire c'est que la suite est déjà écrite en entier sur papier et que je pouvais vous la poster aujourd'hui mais des imprévus de dernières minutes appelés " amis " m'en empêchent.

Je vous souhaite donc de passer de très bonnes vacances et donne rendez-vous en août à ces petites perverses que vous êtes.

Küsse an Sie,

xX---{{ Billounette }}---Xx

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# Posté le dimanche 22 juin 2008 05:22